Tsukasa Hojo: L'art de Tsukasa Hojo

 

 

Son inspiration

L'inspiration lui vient de tout ce qu'il voit et ce qu'il entend. Ainsi, l'idée de "Cat's Eye" lui est venue lors d'une soirée entre amis, où il sortit l'histoire d'un mari et son fils policiers ignorant que la mère et la fille sont voleuses. Celle de City Hunter lui a été inspirée par une discussion avec un ami publicitaire. Son hobby favori est la photographie. Il ne met ses amis dans les photos que pour donner une échelle aux choses. Cette habitude doit lui venir de son cursus en design. Je connais certains graphic designers qui utilisent les photos qu'ils prennent pour leur travail.

 

Le réalisme

Sa façon de travailler révèle une volonté certaine de retranscrire les choses avec autant de réalisme que possible. Tsukasa Hôjô fait des recherches extensives sur chacun des mondes qu'il décrit, notamment dans City Hunter. On découvre ainsi les univers des actrices, danseuses, policiers, … qui sont représentés avec précision. Les lieux que l'on voit dans ses manga souvent existent bien. On pourrait s'attendre à croiser Ryô et Kaori dans les rues animées du Kabukichô à Shinjuku (Tokyo) ou à monter dans le même train à la même station que Masahiko et Shion (de Family Compo).

Dans son premier Art Book, le lecteur peut voir le matériel que le mangaka utilise régulièrement. Il possède une collection de modèles d'armes et de voitures. Dans son message dans le premier numéro du magazine américain Raijin, Tsukasa Hojo explique aussi que "pour donner vie et réalisme à City Hunter, il se rendit aux US pour faire des recherches dans une école américaine de mercenaires et s'entraîner au tir. Ainsi, on peut remarquer que les moindres détails illustrent avec exactitude le maniement des armes à feu."

 

La narration

Etant enfant, Tsukasa Hôjô ne lisait pas de manga, mais regardait tout ce qui passait a la télévision en termes d'anime. Ce n'est qu'au lycée qu'il commença à s'intéresser aux manga. Il fit même partie d'un club manga (sorte de fanzine) à l'université Kyushu Sangyo où il étudiait le design. Lors d'une interview au BAAF 2003, il révéla que son dessin animé préféré était "Tom et Jerry", dont les poursuites auraient inspirées celles de City Hunter (^_^).

Il maîtrise parfaitement l'art de la mise en scène et de la narration et arrive à transmettre aux lecteurs une palette d'émotions parfois douloureusement réelles. L'émotion et la sensibilité subtile dont il est capable dans ses histoires atteignent un summum avec "La Mélodie de Jenny". En quelques pages, il réussit à nous faire rire et pleurer.

Bien que l'action soit un élément majeur dans les œuvres de Tsukasa Hôjô, ce n'est pas le but visé. Le mangaka préfère voir ses histoires comme des peintures de relations humaines. Hôjô a pris ses propres qualités et défauts poussées à l'extrême pour créer le caractère de Ryô Saeba (City Hunter). Les situations semblent tellement possibles et proches qu'il lui ait arrivé que des lecteurs lui écrivent pour lui dire que ses histoires sont des réflexions de leur propre vie.

 

L'humour

L'humour est aussi un grand trait des oeuvres de Tsukasa Hôjô. Il inventa les grands classiques du coup de marteau géant pour punir Ryô, l'usage délirant du mokkori, les passages du typique corbeau ou de la libellule. Même dans les moments les plus dramatiques, il arrive à glisser des gags inoubliables à en tomber par terre, comme dans City Hunter où Ryô plante son doigt dans le derrière de son père adoptif, ou quand il est rendu impuissant par la piqûre d'une guêpe tueuse et qu'il faire un tour au Maroc pour devenir une femme comme Kaori l'a fait ,… Les scènes comiques sont légions et donnent aux œuvres de Tsukasa Hôjô un autre aspect mémorable.

 

Le graphisme

A ses débuts, Tsukasa Hôjô ne maîtrisait pas encore les proportions ni les positions naturelles du corps humains. Dans Cat's Eye, les personnages ont encore cette rigidité de dessins d'amateur. Mais, avec le temps et l'entraînement, son art s'est considérablement amélioré, passant au statut de merveilles. Je ne peux pas vraiment décrire l'évolution de sa technique, parce qu'elle a été très progressive. Les dessins suivants classés par ordre chronologique le feront mieux que moi.

 

Année

Extraits

Titre

1980

Orewa Otoko da!

A ses débuts, Hôjô avait encore beaucoup de progrès à faire, mais il y a visiblement du potentiel, surtout que ses histoires ont déjà les qualités qui feront son succès.

1981

Cat's Eye (Début)

Hôjô commença Cat's Eye peu après avoir intégré Shueisha. Mais, il doit d'abord s'habituer au rythme effréné de la vie d'un mangaka (20 pages par semaine et une heure de sommeil par jour). Il doit aussi travailler sa manière de composer le scénario d'une longue série, histoire de ne pas se retrouver avec les incohérences de Cat's Eye.

1983

City Hunter - XYZ

Il prépare déjà la suite de sa carrière avec City Hunter. Les deux personnages principaux sont déjà en place avec leur caractère particulier.

1984

City Hunter - Double Edge

1985

Cat's Eye (Fin)

1985

City Hunter (Début)

On voit ici que Ryô et Kaori des débuts de City Hunter sont beaucoup mieux que les mêmes personnages des premiers épisodes d'essai. Meilleures proportions et coups de crayons.

1986

Neko manma okawari

Le style du maître s'est vraiment amélioré depuis Cat's Eye. Et pendant tout City Hunter, il ne fera que changer en mieux. Hôjô s'adonne aussi à des essais dans le monde du fantastique, avec Histoire de chats, Le cadeau de l'ange, Taxi Driver, ...

1988

Tenshi no Okurimono

1990

Taxi Driver

1991

City Hunter (Fin)

Le style de Tsukasa Hôjô atteint un plateau vers la fin de City Hunter. A partir de là, l'évolution ne sera que plus lente du point de vue graphisme, mais le maître ne fait que s'améliorer dans le domaine de la narration.

1992

Summer dream

1993

Komorebi no moto de

1994

Rash!!

1995

Melody of Jenny

1996

Family Campo

L'art de Tsukasa Hôjô atteint de nouveaux sommets ici, dans le registre comique et tendre. Le graphisme garde à peu près le même niveau pendant tout le manga.

2001

Angel Heart

Tsukasa Hôjô revient dans le registre du fantastique et des séries noirs avec sa nouvelle oeuvre, Angel Heart. Le style reste aussi excellent.

 

 

Ses registres

Tsukasa Hojo lisait beaucoup de livres et notamment de Science Fiction dans son enfance, ce qui pourrait expliquer le fait qu'il ait commencé par des histoires de ce genre. Comme on peut le voir dans le tableau suivant, Hojo alterne les registres, allant du réalisme à la fantaisie pure avec souvent des histoires courtes. Comme son style le lui permet, Hojo essaie de raconter des histoires de relations humaines, auxquelles on peut facilement s'identifier.

 

 

 

 

Angelus City © 2001/2003 | Disclaimer | Download policy

Back to top

La plus grande œuvre du maître, aka Nicky Larson Support multimédia de City Hunter (films, musiques, anime) La suite de City Hunter Le délirant manga sur une famille de travestis Le premier grand succès de Hojo Les oeuvres mineures de Hojo (recueils, Rash!!, Parrot, Splash!) Hojo Fan City (fanfictions, fanarts,goodies, ...)